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Prudence sur les actions malgré une aversion limitée pour le risque privé, malgré des cours particulièrement attractifs ainsi qu’en témoigne une prime de risque illégitime de près de 5 point des actions par rapport aux obligations privées. En revanche, l’aversion pour le risque souverain, qui s’est désolidarisée du risque privé à l’automne dernier, bat des records historiques de pair avec les déficits budgétaires et les dettes publiques. De même, l’or a bien résisté à la baisse du pétrole comme à la hausse du dollar et affiche une prime de plus de 100 % comme au début 2009, témoignant au travers de son rôle de valeur refuge d’une forte incertitude.
Les interrogations sur la pérennité de la reprise n’ont en fait jamais complètement disparu, alimentées par la déprime des ménages et la faiblesse du marché du travail. Elles refont surface à la faveur du ralentissement actuel, néanmoins normal à ce stade de la reprise où le crédit, stimulé par la baisse des taux, prend en général le relais des stocks et de la relance budgétaire. Sauf que les ménages américains continuent de se désendetter, après avoir été brutalement désolvabilisés par le krach immobilier. Il faut remonter au début des années 80 pour observer pareil désendettement aux Etats-Unis, qui les fit replonger dans la récession. Par ailleurs, le niveau record des déficits publics hypothèque le retour de la croissance. Après avoir connu le même double krach que le Japon au début des années 90, financier et immobilier, Europe et Etats-Unis semblent vouloir suivre le même scénario déflationniste.
Mais, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. A la différence du début des années 80, les entreprises sont restées très profitables, leur donnant une marge de manoeuvre sur l’emploi et les salaires. La résistance, voire l’autonomie, des pays émergents est une bonne nouvelle. La surperformance des marchés émergents est adossée sur les profits et n’a rien à voir avec la bulle de la 1ère moitié des années 90. La désynchronisation entre économies développées et économies émergentes nous préserve aussi d’un nouveau choc sur les matières premières. Dans ce monde nouveau, il y autant d’opportunités que de dangers.
A nous de bien analyser pour anticiper, d’être flexibles, diversifiés et d’élargir ainsi le champ de nos investissements avec le souci prioritaire de préserver le capital.
Régis de Pampelonne
(juillet 2010)
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